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 Le binioù s'accommode relativement bien de l'image caractéristique que l'on peut se faire du musicien breton. De la famille des cornemuses, le vocable binioù (cornemuse en breton) s'est vu attribué au fil des temps les termes : bihan (petit) [binioù-bihan], poach (.) [poach-binioù], sac'h (sac) [sac'h-binioù], ou encore kozh (vieux) [binioù kozh]. Cette dernière locution étant l'appellation d'aujourd'hui. On résume même cet instrument, juste par le terme kozh (un joueur de kozh).
Tous ces noms lui furent octroyés pour le distinguer de sa grande cousine venue d'Écosse, que l'on appelle binioù braz (grande cornemuse) ou péjorativement « usine à gaz » en raison du nombre de ses bourdons. Le binioù-kozh (la plus petite des cornemuses) se compose d'une poche en peau de mouton ou de vache, d'un « sutell » pour expédier l'air dans la poche, d'un seul « bourdon » donnant de façon continue la note correspondant à la tonalité de l'instrument (accordé soit sur la tonique des airs majeurs, soit sur celle des airs mineurs) et d'un « levriad » ou « chalumeau », à l'aide duquel le « sonneur » joue la mélodie. Le « levriad » est le plus petit existant dans l'univers des cornemuses. Il est juste assez grand pour que le « biniaouer » (nom breton du sonneur de kozh) puisse y poser six doigts. Le son qui en jaillit est très aigu. Toutes ces pièces de bois (sutell, levriad et bourdon) étaient autrefois fabriquées en buis. De nos jours, elles se façonnent plutôt en ébène. De façon courante, le binioù-kozh sonne par préférence en si bémol, mais il s'en rencontre également en sol, la, do et mi bémol. Dans le cas d'un « kozh » en si bémol, l'unique bourdon sera alors accordé si bémol. L'instrument peut jouer les notes suivantes : - LA b ou LA (une octave au-dessus du LA 440) - SI b - DO - RE - MI b - FA - SOL - LA b - LA - SI b Le binioù-kozh forme un duo quasi inséparable avec la bombarde. C'est la formule la plus répandue en basse Bretagne (haute et basse Cornouaille, Léon, Trégor, Vannetais), il connut son heure de gloire au 19e siècle avant de décliner lors de l'avènement d'instruments plus récents comme l'accordéon. Aujourd'hui, l'on retrouve le binioù kozh dans nombre de groupes musicaux qui lui donnent une cure de jouvence en le mêlant à des rythmes rock, afro, etc.
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